L’anesthésie n’est pas un détail technique secondaire de la chirurgie esthétique. Avant l’intervention, vous devriez savoir quel type d’anesthésie est prévu, qui la réalise, quels éléments de votre santé sont importants, quelles consignes suivre pour les médicaments et le jeûne, et à quoi vous attendre au réveil.

Le plan exact dépend de l’intervention, de votre état de santé, de l’établissement et du professionnel qui prend en charge l’anesthésie. Ce guide sert à préparer les bonnes questions ; il ne détermine pas quelle technique est adaptée à votre cas.

1. Quel type d’anesthésie est prévu ?

Demandez le nom réel de la technique plutôt qu’une formule vague comme « anesthésie légère ».

Selon l’intervention, il peut s’agir de :

  • anesthésie locale ;
  • anesthésie locale avec sédation ;
  • sédation surveillée ;
  • anesthésie locorégionale ;
  • anesthésie générale.

Ces techniques ne sont pas équivalentes. Elles diffèrent notamment par le niveau de conscience, la gestion de la respiration, la surveillance nécessaire et la récupération.

Demandez :

  • Quel type d’anesthésie est prévu pour moi ?
  • Pourquoi ce choix est-il adapté à cette intervention ?
  • Le plan peut-il changer le jour de l’opération ?
  • Si une sédation est prévue, quel niveau de sédation est recherché ?
  • Vais-je respirer spontanément ?
  • Dans quelles situations faudrait-il modifier la technique ?

Si l’explication n’est pas claire, demandez une reformulation simple avant de donner votre consentement.

Pour replacer cette discussion dans l’ensemble des risques opératoires, consultez Comprendre les risques et complications en chirurgie esthétique.

2. Qui réalise et surveille l’anesthésie ?

Vous devez savoir qui est responsable de votre anesthésie pendant l’intervention.

Demandez :

  • Qui m’évalue avant l’opération ?
  • Qui administre l’anesthésie ?
  • Qui me surveille pendant toute l’intervention ?
  • Quelle est la qualification et la fonction de cette personne ?
  • La même personne reste-t-elle présente pendant toute l’opération ?
  • Qui est responsable de la surveillance au réveil ?

L’American Society of Anesthesiologists recommande de discuter avant l’opération de votre santé, de vos médicaments, de vos expériences antérieures d’anesthésie et de vos préoccupations concernant la récupération.

Dans le cadre d’une chirurgie à l’étranger, demandez aussi comment l’équipe d’anesthésie s’intègre à l’établissement et qui peut répondre à une question après votre sortie.

3. Quels éléments de mes antécédents sont importants ?

Ne supposez pas qu’un problème de santé est sans rapport avec l’anesthésie.

Signalez notamment :

  • hypertension ou maladie cardiaque ;
  • asthme ou maladie respiratoire ;
  • apnée du sommeil ou ronflements importants ;
  • diabète ;
  • maladie du foie ou des reins ;
  • reflux ;
  • épilepsie ;
  • antécédent de thrombose ;
  • grossesse ou possibilité de grossesse ;
  • allergies ;
  • tabac, vapotage ou nicotine ;
  • consommation d’alcool ;
  • drogues récréatives ;
  • intubation difficile dans le passé ;
  • nausées, vomissements ou autre problème après une anesthésie ;
  • antécédent familial de réaction grave à l’anesthésie.

Si l’on vous a déjà dit qu’une anesthésie avait été compliquée en raison des voies aériennes, de la respiration, de la tension ou d’une réaction médicamenteuse, dites-le clairement.

4. Quels médicaments et compléments dois-je arrêter ou continuer ?

Ne modifiez pas seul votre traitement avant une chirurgie.

Préparez une liste complète de :

  • médicaments sur ordonnance ;
  • médicaments sans ordonnance ;
  • vitamines ;
  • plantes et compléments ;
  • traitements pour la perte de poids ;
  • traitements du diabète ;
  • anticoagulants ou antiagrégants ;
  • traitements hormonaux ;
  • somnifères ;
  • antalgiques.

Le NHS recommande de connaître précisément les médicaments, vitamines et compléments pris avant l’opération et de suivre des consignes individualisées pour savoir lesquels continuer ou interrompre.

Demandez :

  • Quels médicaments dois-je prendre le matin de l’intervention ?
  • Lesquels dois-je arrêter, et combien de temps avant ?
  • Quand dois-je les reprendre ?
  • Certains compléments augmentent-ils le risque de saignement ou interagissent-ils avec l’anesthésie ?
  • Les traitements du diabète ou de la perte de poids nécessitent-ils des consignes particulières ?
  • Que faire si j’ai pris par erreur un médicament qui devait être arrêté ?

N’utilisez jamais le calendrier de médicaments d’un autre patient comme modèle.

5. Quelles sont exactement mes consignes de jeûne ?

Le jeûne avant anesthésie sert notamment à réduire le risque que le contenu de l’estomac remonte vers les voies respiratoires.

N’appliquez pas une règle générique trouvée sur internet. Suivez les consignes données par l’équipe d’anesthésie ou l’établissement.

Demandez :

  • À quelle heure dois-je arrêter les aliments solides ?
  • Les liquides clairs sont-ils autorisés, et jusqu’à quelle heure ?
  • Puis-je prendre un médicament essentiel avec une petite quantité d’eau ?
  • Le chewing-gum, les bonbons ou le lait rompent-ils le jeûne ?
  • Le diabète, le reflux ou certains traitements modifient-ils les consignes ?
  • Que se passe-t-il si j’ai mangé ou bu après l’heure limite ?

Le NHS indique que les patients doivent recevoir des consignes claires sur l’arrêt de l’alimentation et des boissons ainsi que sur la prise habituelle des médicaments.

Si les consignes du chirurgien, de la clinique et de l’anesthésiste se contredisent, demandez qu’elles soient clarifiées avant le jour de l’intervention.

6. Ai-je besoin d’examens avant l’anesthésie ?

Les examens préopératoires ne sont pas identiques pour tous.

Ils peuvent dépendre de :

  • votre âge ;
  • vos antécédents ;
  • vos médicaments ;
  • la possibilité d’une grossesse ;
  • la nature et la durée de l’intervention ;
  • le risque de perte sanguine ;
  • la technique anesthésique.

Selon le cas, une prise de sang, une analyse d’urines, un test de grossesse, un ECG ou d’autres examens peuvent être demandés.

Questions utiles :

  • Quels examens dois-je faire et pourquoi ?
  • Qui vérifie les résultats ?
  • De quand doivent dater les examens ?
  • Quel résultat pourrait modifier ou reporter l’intervention ?
  • Si je réalise les examens dans mon pays, seront-ils acceptés ?
  • Faut-il une traduction ?

La bonne question n’est pas « ai-je beaucoup d’examens ? », mais « les examens pertinents pour mon cas ont-ils été revus avant l’opération ? ».

7. Quels risques anesthésiques sont réellement importants pour moi ?

Demandez à l’anesthésiste de distinguer les effets temporaires fréquents des complications rares mais sérieuses.

Selon la technique et votre situation, la discussion peut porter sur :

  • nausées ou vomissements ;
  • mal de gorge après l’utilisation d’un dispositif pour les voies aériennes ;
  • somnolence ;
  • frissons ;
  • traumatisme dentaire ;
  • réaction allergique ;
  • problème respiratoire ;
  • problème cardiovasculaire ;
  • conscience peropératoire sous anesthésie générale ;
  • inhalation du contenu gastrique ;
  • complications liées à une anesthésie locorégionale ;
  • récupération prolongée.

Demandez :

  • Quels risques sont les plus pertinents dans mon cas ?
  • Quels facteurs augmentent ou diminuent mon risque ?
  • Que fait l’équipe pour réduire ces risques ?
  • Que vais-je probablement ressentir au réveil ?
  • Quels symptômes après la sortie nécessitent une évaluation médicale ?

Le but n’est pas de mémoriser toutes les complications rares, mais de comprendre celles qui influencent réellement votre décision et votre préparation.

8. Comment l’établissement gère-t-il une urgence ?

Cette question est particulièrement importante si l’intervention est réalisée dans un centre ambulatoire ou une structure indépendante.

Demandez :

  • Quel matériel d’urgence est immédiatement disponible ?
  • L’oxygène, le matériel de gestion des voies aériennes et les médicaments de réanimation sont-ils présents ?
  • Que se passe-t-il si j’ai besoin d’un niveau de soins supérieur ?
  • Vers quel hôpital serais-je transféré ?
  • Comment ce transfert est-il organisé ?
  • Une surveillance prolongée ou une nuit sur place est-elle possible si le réveil est plus lent que prévu ?

La checklist de sécurité chirurgicale de l’OMS prévoit notamment la vérification du matériel d’anesthésie, de l’oxymètre de pouls, des allergies, du risque lié aux voies aériennes ou à l’inhalation, ainsi que du risque de saignement important avant le début de l’intervention.

Vous n’avez pas à inspecter le bloc opératoire vous-même, mais vous pouvez demander comment l’établissement prévoit de gérer une urgence.

9. Comment va se passer le réveil ?

Demandez ce qui se passe entre la fin de l’intervention et votre sortie.

Questions utiles :

  • Où vais-je me réveiller ?
  • Qui me surveille ?
  • Quelle durée d’observation est généralement prévue ?
  • Comment la douleur et les nausées sont-elles prises en charge ?
  • Quand pourrai-je boire ou manger ?
  • Quand pourrai-je marcher ?
  • Quels critères doivent être remplis avant ma sortie ?
  • Ai-je besoin d’une personne avec moi pendant la première nuit ?

Les informations destinées aux patients de l’ASA rappellent qu’après anesthésie générale ou sédation, la somnolence peut persister et qu’il ne faut pas conduire soi-même. Vos restrictions personnelles peuvent être plus strictes selon l’intervention et les médicaments reçus.

10. L’anesthésie change-t-elle mon plan de voyage retour ?

Ne discutez pas de votre vol uniquement avec un coordinateur de voyage.

Demandez à l’équipe clinique :

  • Quand puis-je quitter l’établissement ?
  • Quand puis-je faire un trajet en voiture ?
  • Quand un voyage aérien devient-il raisonnable après cette intervention ?
  • L’anesthésie ajoute-t-elle des restrictions particulières ?
  • Que faire si je reste très somnolent, étourdi ou nauséeux ?
  • Quels médicaments peuvent diminuer ma vigilance pendant le trajet ?

Pour la question du vol et du risque thromboembolique, voyez Questions à poser avant le voyage de retour après une chirurgie.

11. Que faire si j’ai déjà mal toléré une anesthésie ?

Expliquez précisément ce qui s’est produit plutôt que de dire simplement « je suis allergique à l’anesthésie ».

Essayez de préciser :

  • l’intervention concernée ;
  • la date approximative ;
  • le médicament ou l’événement suspecté ;
  • les symptômes ;
  • la nécessité éventuelle d’un traitement urgent ;
  • des nausées ou vomissements importants ;
  • une intubation difficile ;
  • un réveil inattendu pendant l’opération ;
  • une réaction grave chez un membre de votre famille.

Si vous possédez un compte rendu de l’événement, apportez-le.

12. Que vérifier le jour de l’opération ?

Avant le début de l’anesthésie, vous devriez encore pouvoir confirmer les points essentiels.

Checklist courte :

  • Quelle anesthésie utilisons-nous aujourd’hui ?
  • Mes allergies ont-elles été vérifiées ?
  • Mes médicaments et mon jeûne ont-ils été revus ?
  • L’équipe dispose-t-elle de mes examens utiles ?
  • Y a-t-il un élément de mon dossier qui modifie le plan prévu ?
  • À quoi dois-je m’attendre au réveil ?
  • Qui dois-je contacter après ma sortie en cas de problème ?

La checklist de l’OMS prévoit elle aussi, avant l’induction, la confirmation de l’identité, de l’intervention, du consentement, des allergies, du risque lié aux voies aériennes et de la préparation du matériel d’anesthésie.

Questions à noter avant la consultation

Emportez cette liste :

  • Quel type d’anesthésie est prévu ?
  • Qui la réalise et me surveille ?
  • Quels sont les risques les plus importants pour moi ?
  • Quels médicaments et compléments dois-je arrêter ou continuer ?
  • Quelles sont exactement les consignes de jeûne ?
  • Ai-je besoin d’examens ?
  • Comment une urgence est-elle prise en charge ?
  • Comment se passe le réveil ?
  • Comment seront gérées la douleur et les nausées ?
  • Quand puis-je quitter l’établissement ?
  • Quelles restrictions s’appliquent après ma sortie ?
  • Qui contacter si j’ai un problème ?

Pour la partie consentement et documents, poursuivez avec Consentement éclairé et consignes écrites.

À retenir

La bonne question n’est pas simplement « l’anesthésie est-elle sûre ? ». Elle est : quelle anesthésie est prévue pour moi, qui en est responsable, quels éléments de ma santé comptent, comment dois-je me préparer, quels risques sont pertinents et comment l’équipe réagira-t-elle si quelque chose ne se déroule pas comme prévu ?

Obtenez ces réponses avant le jour de l’intervention chaque fois que possible.

Sources